Une douleur irradiante à l’avant de la cuisse, une sensation de brûlure qui descend vers le genou, parfois accompagnée d’une gêne en position assise ou en marchant… Ces signes évoquent souvent une cruralgie, car ils rappellent l’inflammation du nerf crural.
Pourtant, il arrive que ces symptômes soient trompeurs. Dans certains cas, le nerf n’est pas réellement touché et on parle alors de fausse cruralgie. Elle peut être provoquée par de nombreux facteurs tels que la mauvaise posture.
Le piège, c’est de croire à tort que l’on souffre d’une névralgie alors que la cause est différente. Dans cet article, nous allons vous aider à identifier l’origine exacte de vos inconforts afin que vous puissiez les soigner définitivement.
La cruralgie, une douleur d’origine nerveuse
La cruralgie est une douleur souvent mal comprise que beaucoup confondent avec la sciatique. Pourtant, elle touche de nombreuses personnes et peut être particulièrement invalidante au quotidien.
Avant de parler de la fausse cruralgie, il est essentiel de bien comprendre ce qu’est une vraie cruralgie, c’est-à-dire une atteinte directe du nerf. Cela est nécessaire pour bien diagnostiquer vos douleurs.
L’anatomie du nerf fémoral

Anatomiquement parlant, la cruralgie correspond à l’irritation du nerf crural qu’on appelle aussi nerf fémoral. Ce dernier prend naissance dans la partie basse de la colonne vertébrale, au niveau des vertèbres lombaires L2, L3 et L4.
De là, il descend vers l’avant de la cuisse, en passant par le bassin et le pli de l’aine, avant de se diviser en plusieurs branches qui innervent la cuisse et la jambe.
Ce nerf joue un rôle crucial dans divers mouvements comme la flexion de la hanche et l’extension du genou. Il assure également la sensibilité de la face interne de la cuisse ainsi que d’une partie du mollet.
Quand ce nerf est irrité ou comprimé, une douleur vive et persistante se fait rapidement sentir le long de son trajet. Toutefois, il est possible d’avoir les mêmes symptômes sans que le nerf ne soit responsable : il s’agit donc d’une fausse cruralgie.
Les symptômes caractéristiques d’une cruralgie
La cruralgie possède le désavantage d’avoir des symptômes étendus et variables. Certains patients ressentent une sensation de brûlure dans la région lombaire basse, tandis que d’autres parlent de décharge électrique dans la cuisse.
Cela crée des confusions qui contribuent à la mésinformation au sujet de cette pathologie. Rassurez-vous, il existe cependant des symptômes précis qui devraient vous interpeller !
En effet, de manière générale, les douleurs débutent au niveau des lombaires, car la mauvaise posture en est la cause la plus fréquente. C’est d’ailleurs pour cela que l’utilisation d’un coussin ergonomique est recommandée.
Ce support d’assise permet de redresser le dos pour éviter toute compression nerveuse. Il soulage aussi les tensions musculaires, ce qui le rend efficace même si vous souffrez d’une fausse cruralgie.
Par ailleurs, même si c’est la racine nerveuse qui est comprimée dans le bas du dos, les douleurs dans le haut de la jambe sont extrêmement fréquentes chez les personnes atteintes de cruralgie.
Il s’agit en fait d’une douleur projetée car le cerveau n’est pas en mesure de déterminer avec précision à quel endroit se trouvent les lésions sur un nerf.
Chez les patients les plus atteints, les fourmillements et paresthésies peuvent s’étendre jusqu’au genou, voire même jusqu’au mollet. On pourrait donc facilement se tromper avec une tendinite du fascia lata.
Enfin, les douleurs liées à la cruralgie s’accentuent souvent lorsque vous restez debout ou assis trop longtemps. Dans les cas les plus sévères, elles s’accompagnent de faiblesses musculaires, en particulier pour effectuer une extension de la hanche.
Différencier la fausse cruralgie d’une vraie névralgie crurale

Pour éviter toute confusion avec une fausse cruralgie, les professionnels de santé disposent de plusieurs méthodes d’évaluation. Idéalement, il faudrait réaliser chacune d’entre elle.
Néanmoins, dans les faits, les médecins de famille n’effectuent pas des diagnostics très poussés. C’est pourtant cela qui permet d’écarter la thèse d’une fausse cruralgie.
ⓘ Conseil des experts : si vous avez un doute, consultez un autre généraliste. Il vaut mieux effectuer une deuxième consultation plutôt que de perdre du temps et de l’argent dans une rééducation inefficace.
L’examen clinique pour éviter un mauvais diagnostic

La première étape pour le diagnostic de la cruralgie repose sur un interrogatoire détaillé avec le patient. Le médecin questionne sur l’intensité de la douleur, son trajet exact, son ancienneté et les circonstances dans lesquelles elle s’aggrave ou s’améliore.
En complément, le praticien procède à un examen physique : il palpe les muscles de la cuisse et du bassin pour déceler d’éventuelles raideurs, contractures ou élongations responsables de douleurs.
L’observation de la posture et de la démarche est également effectuée, car certaines positions anormales peuvent trahir une compression nerveuse, qu’il s’agisse ou non d’une cruralgie.
Enfin, il peut exercer des pressions ciblées sur des points précis, appelés trigger points, afin de vérifier si la douleur est bien déclenchée par le trajet du nerf crural et non pas par les tissus environnants.
Dans le cas d’une fausse cruralgie, le médecin doit savoir mettre en évidence l’origine musculaire ou tendineuse des douleurs et expliquer à son patient pourquoi il ne s’agit pas d’une douleur neurologique.
Les tests neurologiques pour identifier la cruralgie
En plus de l’examen clinique, des tests de réflexes contribuent aussi à affiner le diagnostic. L’un des plus connus est le test rotulien. Il consiste à frapper la rotule avec un marteau pour stimuler les fibres nerveuses du muscle quadriceps.
En cas de cruralgie, ce réflexe est souvent diminué, voire absent, en raison de l’atteinte du nerf crural qui ne remplit plus sa fonction de transmission d’informations.
Le test de Lasègue inversé (ou signe de Léri) est sans doute le moyen le plus efficace de savoir si on a vraiment une cruralgie.
Pour ce test, le patient est couché sur le ventre et le médecin élève progressivement sa jambe pour réaliser un mouvement de flexion pendant environ 45 secondes.
Si cette manœuvre réveille une douleur à l’intérieur de la cuisse ou en bas du dos, cela suggère fortement une cruralgie. Les fourmillements affirment aussi cette hypothèse.
Dans le cas contraire, le patient possède des symptômes similaires à la névralgie crurale, mais ce n’en est pas une. Il faut donc effectuer d’autres examens comme ceux que nous allons évoquer juste en dessous.
L’IRM lombaire pour trouver une compression du nerf crural
Quand les douleurs persistent malgré plusieurs séances chez un ostéopathe ou un kiné, l’imagerie médicale devient incontournable. Elle permet de repérer avec certitude l’origine des douleurs sourdes.
L’IRM lombaire est l’examen de référence pour le diagnostic de la cruralgie. Elle permet de visualiser une hernie discale, un canal lombaire rétréci ou une autre anomalie comprimant le nerf crural.
Dans certains cas, d’autres techniques peuvent aussi compléter le diagnostic. C’est le cas du scanner, qui donne une vue précise des structures osseuses bien qu’il ne soit pas souvent prescrit par les médecins.
Si le compte-rendu ne souligne pas de pincement du nerf crural, il faut chercher ailleurs. En général, il s’agit soit d’un autre type de névralgie soit d’une blessure musculaire.
Quelles pathologies la fausse cruralgie peut-elle cacher ?
Les désagréments et picotements dans la jambe ne sont pas toujours liés à une cruralgie. Dans de nombreux cas, ce que l’on pense en être une se révèle être une pseudo-cruralgie, c’est-à-dire une douleur similaire mais d’origine différente.
Dans ce cas, il faut absolument comprendre pourquoi vous souffrez pour éviter de potentielles complications. Eh oui, si vous ne mettez un nom sur votre pathologie, vous ne pourrez jamais la soigner efficacement.
La sciatique

On se trompe souvent entre la cruralgie et la sciatique, car les deux pathologies provoquent une sensation de brûlure depuis le bas du dos jusqu’à la jambe. Néanmoins, elles n’affectent pas le même nerf !
En fait, tout réside dans le trajet : le nerf sciatique touche plutôt l’arrière de la cuisse et de la fesse, alors que la cruralgie atteint l’avant de la cuisse et l’aine. Il est donc facile de les confondre sans bagage médical suffisant.
Vous pouvez essayer les positions à éviter en cas de sciatique pour savoir si votre fausse cruralgie en est une. Si vous ressentez des fourmillements et une tension en les reproduisant, vous avez sans doute réussi le diagnostic !
L’arthrose de la hanche
L’arthrose de la hanche, ou coxarthrose provoque une douleur inguinale qui se propage dans la cuisse. Ici, la cause n’est pas d’origine nerveuse mais plutôt articulaire car il s’agit d’une usure des cartilages.
Ce type d’arthrose est trompeur car les symptômes sont très similaires à ceux de la cruralgie. Un médecin peu exigeant pourrait facilement se tromper et passer à côté d’un rhumatisme dégénératif.
Le test de rotation de la hanche permet de savoir s’il s’agit d’une fausse cruralgie
Un test efficace et recommandé par les neurologues est la rotation de la hanche. Si, en effectuant ce mouvement, vous ressentiez une douleur mécanique dans le pli de l’aine, alors c’est sûrement une coxarthrose !
La contracture du psoas-iliaque

Le psoas est un muscle profond qui relie la colonne lombaire au fémur. Lorsqu’il est contracté ou enflammé, il peut provoquer une douleur intense dans l’aine et le haut de la jambe.
Ce type de douleur est fréquent chez les sportifs ou après une posture assise prolongée. À la différence d’une névralgie crurale, la douleur disparaît généralement après un repos musculaire.
Pour savoir s’il s’agit d’un faux signe de cruralgie, vous pouvez effectuer des étirements du psoas-iliaque. Si vous vous sentez mieux après les avoir faits, vous n’avez pas de cruralgie !
Le conflit fémoro-acétabulaire
Moins connu du grand public, le conflit fémoro-acétabulaire correspond à un frottement anormal entre la tête du fémur et le bassin lors des mouvements de la hanche. Il touche surtout les jeunes adultes.
Cette anomalie motrice entraîne douleurs et raideurs, parfois confondues avec une atteinte nerveuse. Elle est toutefois bien plus localisée que la cruralgie, ce qui la rend plus simple à diagnostiquer.
Ainsi, pour savoir si vous souffrez plutôt d’un conflit fémoro-acétabulaire, vous devez déclencher la douleur et vérifier si elle se répand dans la cuisse. Si elle reste dans le pli de l’aine et la hanche, alors ce n’est pas une cruralgie !
La hernie crurale

La hernie crurale (ou fémorale) est une autre cause de douleur inguinale. Elle se produit lorsque du tissu abdominal (souvent une portion d’intestin) traverse la paroi musculaire au niveau du canal crural.
On parle ici de deux zones biologiques très proches. Le risque de fausse cruralgie est donc élevé, mais nous allons vous donner des astuces pour savoir faire la différence entre la hernie et l’inflammation du nerf.
Si vous constatez une masse anormale dans le pli de l’aine, il y a de fortes chances que vous ayez une hernie crurale
Et oui, contrairement à la cruralgie, il s’agit ici d’un problème chirurgical digestif. Nous vous conseillons donc de palper la zone délicatement à la recherche d’un nodule douloureux dans la région inguinale.
Quelles sont les autres causes de la pseudo-cruralgie ?
Il est facile de croire qu’on souffre d’une pathologie ou d’un trouble grave lorsqu’on a des douleurs semblables à celles de la cruralgie. Néanmoins, elles ont parfois une cause bien plus bénigne.
Très souvent, ce sont nos habitudes quotidiennes qui créent ou entretiennent ce type de gêne. Dans ce cas, la fausse cruralgie peut facilement être soulagée et ne nécessite pas de soins hospitaliers.
La mauvaise posture dorsale
Rester assis longtemps, surtout avec une posture avachie, exerce une pression directe sur le bas du dos. En plus de fatiguer les muscles lombaires, cette position traumatisme les disques interbertébraux.
C’est un phénomène mécanique. Quand le bassin bascule vers l’arrière, la colonne se courbe de façon démesurée et tire sur vos vertèbres, entraînant des douleurs et parfois des troubles neurologiques.
Néanmoins, dans la plupart des cas, la conséquence est une fatigue dorsale chronique, pas une cruralgie. En revanche, les symptômes peuvent être relativement proches !
Pour les atténuer, une solution simple est d’utiliser un coussin lombaire. Placé derrière le dos, il encourage une posture droite et préserve l’alignement naturel de la colonne vertébrale.
Le surentraînement sportif
La pseudo-cruralgie ne vient pas toujours de la sédentarité. À l’inverse, elle peut aussi être liée à un excès de sport. Quand on enchaîne les entraînements intenses, les tissus musculaires et tendons de la cuisse peuvent s’enflammer.
Une tendinite ou une déchirure peuvent alors provoquer des douleurs très proches de celles d’une irritation du nerf. Mais alors, comment savoir s’il s’agit d’une fausse cruralgie ?
Une astuce consiste à palper délicatement la zone douloureuse. Cela peut être fait à la main comme avec une balle de massage. Soyez toutefois prudent : il faut juste vérifier si vous pouvez localiser la zone qui déclenche vos inconforts.
Si vous constatez une sensibilité au toucher, alors c’est sans doute une courbature musculaire et pas une cruralgie. Dans ce cas, un peu de repos et un glaçage de la zone devraient vous soulager.
La grossesse

Un autre facteur auquel on ne pense pas toujours est la grossesse. En portant un bébé, le corps de la femme subit de nombreux déséquilibres : le bassin s’incline, la posture change et les ligaments deviennent plus souples sous l’effet des hormones.
Tous ces ajustements peuvent entraîner une compression des tendons ou des sollicitations inhabituelles. C’est dans ce contexte que les femmes enceintes peuvent souffrir d’une fausse cruralgie chronique.
En général, les ergothérapeutes recommandent d’utiliser des coussins de soutien pour compenser les faiblesses musculaires. Ces derniers sont essentiels pour éviter une rééducation post-grossesse chez un kinésithérapeute.
Comment soulager la douleur à la face antérieure de la cuisse ?
Peu importe la cause, les douleurs au dos et à la cuisse peuvent être particulièrement handicapantes au quotidien. Marcher, rester assis longtemps ou même réussir à dormir peuvent devenir difficiles.
Que vous souffriez ou non de cruralgie, il existe heureusement des techniques pour améliorer votre bien-être et mettre un terme à votre gêne persistante. Essayez-les toutes pour trouver celle qui vous convient le mieux.
Utiliser un coussin médical pour dormir aide à relâcher les muscles et protéger le nerf crural
La nuit, toutes les positions peuvent sembler inconfortables et exacerber la douleur. Si vous dormez sur le côté, vous pouvez placer un coussin entre vos genoux pour éviter que vos cuisses ne se compriment l’une contre l’autre.
Cette position réaligne les jambes avec la colonne vertébrale, contribuant ainsi à relâcher toutes les tensions. Au fil du temps, vous pourrez donc constater une diminution des réveils nocturnes causés par votre fausse cruralgie.
Pour ceux qui dorment sur le dos, une autre option est tout aussi efficace : le coussin relève jambes. En surélevant légèrement vos jambes, ce support orthopédique décharge vos lombaires et relâche le nerf crural.
Les médecins le prescrivent souvent chez les personnes dont la pseudo-cruralgie est causée par une coxarthrose ou une hernie discale, car sa forme garantit une posture neutre et réparatrice pour les tissus enflammés.
Rester actif est l’un des meilleurs moyens de lutter contre les douleurs crurales
Enfin, contrairement à ce qu’on pourrait penser, il est essentiel de maintenir une activité physique si vous avez des douleurs semblables à la névralgie crurale. Des activités douces comme la marche sont préconisées, surtout si vous travaillez derrière un écran.
ⓘ Conseil des experts : vous n’avez pas besoin de faire des séances de sport très exigeantes. Une simple pause pour marcher pendant 15 minutes est suffisante pour éviter la fatigue musculaire et les tiraillements qui y sont liés.






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